samedi, novembre 11, 2006

La Plaie


Comment combler le fossé racial, mes amis ? Comment guérir ce que le Blanc a fait subir à l'Autre ? Peut-on espérer de vivre dans un monde décolonisé ? Comment ne pas être terrassé par la honte des tortures, des enfermements, des langues maternelles arrachées, des viols, des coupes à blanc, des fiertés anihilées ? Comment se sentir au-delà de ces espèces animales et humaines disparues sous la faux de l'homme Blanc ? Vous me direz, oui, les Noirs, les Amérindiens, les Latinos sont aussi capables de cruauté, de bêtise. Oui, bien sûr. Mais regardez la planète, attentivement. Regardez les traces profondes creusées par les instruments sophistiqués des occidentaux. Regardez qui détient le pouvoir, qui détient l'argent, qui plante la hache de guerre sur tous les sols. N'êtes vous pas honteux parfois de ces irréparables torts causés à la dignité vivante ? De votre indifférence, de votre inaction, de votre bonne conscience comme ruban adhésif posé sur la plus grande faille du monde ? Votre bac à recyclage parvient-il à vous faire sentir plus humain ?

jeudi, novembre 02, 2006

Mon retour à la terre



Peut-être me trouverez-vous fleur bleue, mais je rêve du jour où j'aurai ma petite maison bâtie à flanc de montagne, mes chèvres, ma vache Marguerite, mes chats, mes chiens, mon jardin et une ribambelle de marmots piaillant dans les fleurs sauvages derrière la grange. Je rêve de fromage maison, de conserves multicolores, de soirées d'hiver à écrire en écoutant le crépitememt du feu. Cette image bucolique demeure collée aux parois de mon imagination et refuse de reculer dans la dompe de l'oubli. Je deviens un vieux chat.
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Comme c'est simple faire des sushis, je me demande encore comment j'ai su m'en passer si longtemps. C'est décidé, demain, je vais m'acheter tout ce qu'il faut pour en faire une montagne. Vive le Japon.
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Il est des ces personnes qui vous font sans cesse découvrir de la nouvelle musique... N'est-ce pas merveilleux ?

lundi, octobre 30, 2006

Inventer le panda

Mystérieux acte qu'est celui de créer... À la fois se prendre pour Dieu et être ramené à sa plus simple expression d'humain, prisionnier de son langage d'humain, enfermé dans ses idées et perceptions humaine, petit point insignifiant parcourant sans cesse le même territoire. Quels espaces découvrons-nous en créant, sinon ces espaces intérieurs qu'il nous reste à défricher comme une terre nouvelle ? Explorateurs de Nouveaux Mondes mille fois explorés, prétendant comme les Européens avoir découvert le panda, l'Amérique et je ne sais quelle merveille millénaire, nous aimons nous sentir pionniers alors qu'en nous, quelque part, subsiste ce malaise d'imposture, ce sentiment de déjà-vu. Doit-on pour autant cesser de créer ou apposer un regard sarcastique sur nos créations ? Si je me plais, moi, à réinventer la roue, suis-je ridicule ? Peut-être n'y a-t-il pas encore suffisamment en ce monde de roues, peut-être est-ce pour cela que l'humanité ne tourne pas rond...
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Le panda a été inventé par un Anglais en 1869. Quels génies, ces Anglais...
L'Afrique, au cours du 19e et du 20e siècle a eu la chance de sortir des ténèbres de son ignorance grâce à ces bonnes âmes blanches et pures.
L'Amérique a été découverte en 1492 par Christophe Colomb. Avant elle n'existait pas.
Récemment une nouvelle espèce d'oiseau a été découverte. Heureusement pour elle, puisque la vie ne doit pas être rose là-bas, dans le néant.

samedi, octobre 21, 2006

À mes amis


- Rire
- Discuter de choses compliquées
- Parler de banalités
- Vedger dans un divan après avoir trop fumé et encore rire, par spasmes
- M'insurger contre la bêtise humaine en buvant du vin rouge
- Faire du kung fu
- Silloner la ville à la recherche de rien du tout pendant des heures
- Souper, oui, trop manger de ces bonnes choses préparées avec amour
- Dilapider les fonds d'études en resto et en nectars divins
- Me déculpabiliser en me disant que c'était si bon
- M'endormir sur votre divan dans un brouillard de tabac
- Rigoler à propos des gens risibles
- Me foutre de votre gueule (gentiment)
- Boire trop de café
- Pleurer dans vos bras
- Offrir mon épaule à vos glandes lacrymales
- Me remémorer mes/vos bons coups
- Me remémorer mes/vos mauvais coups
- Entendre parler de votre vie sexuelle
- Rentrer trop tard
- Fêter votre anniversaire
- Écouter de la musique
- Jouer de la musique
- Écrire de la main gauche
- Recevoir un massage d'épaule
- Vous masser les épaules
- Rire à en pisser dans mes culottes
- Rire à en cracher ma gorgée partout
- Vous ramasser malade dans les toilettes
- Me faire passer une débarbouillette fraîche tandis que j'évacue cette bière de trop
- Vous dire que je vous aime
- Vous voir sourire
- Aller danser
- Aller voir un show de bonne musique...

Sont les choses que j'aime le plus faire avec vous.

- Votre sensibilité
- Votre franchise
- Vos contradiction
- Votre tête de cochon
- Vos angoisses existentielles
- Votre sens de l'humour
- Votre folie
- Votre intelligence
- Vos talents
- Votre susceptibilité
- Votre esprit rêveur
- Votre imagination
- Votre amour de la vie
- Votre créativité

Sont les choses que je préfère chez vous.

Soyez heureux ! Soyez vous-mêmes !
Je vous aime !

vendredi, septembre 29, 2006

Le gris dehors, le gris dedans


Il n'y a pas que la nuit que les chats sont gris. Il y a aussi le 29 septembre en plein jour, après un sommeil trop demandant, alors qu'il ne reste plus de café.

Mes chers frères, mes chères soeurs, le rêve est une chose étrange. Combien de fois m'apparutes-vous complètement changés, beaux ou laids, amoureux ou plein de haine, vifs ou morts, dans cet univers qui chaque nuit se déforme, s'agrandit ? Pourquoi notre vie le jour donne-t-elle l'impression d'une suite logique où les événements s'enchaînent en cause à effet alors que notre existence nocturne ressemble à un vaste château aux pièces ondulantes qui se déplacent à mesure que l'on emprunte un couloir différent ? Et puis je me questionne sur l'horreur dans les rêves, sur l'érotisme dans les rêves, sur la mort, l'extase, l'inquiétude, l'angoisse... Comment se fait-il que nous ne ressentions jamais aussi intensément ces émotions que dans les songes ? Et qu'est-ce qui fait que tout-à-coup je m'aperçois que je rêve ?
Rêve-je ????

vendredi, septembre 15, 2006

Petit exposé oral


Bonjour. Aujourd'hui, je vais vous parler du café.
Le café est un breuvage, habituellement servi chaud. Dans le café, on peut mettre du lait, du sucre ou d'un autre édulcorant, de la crème, de l'arôme naturel ou artificiel. On peut aussi ne rien mettre, on appelle ça alors un café noir. Il arrive aussi que l'on serve le café froid, mélangé avec de la glace concassée, alors c'est un café glacé. Le café peut aussi servir dans la confection de desserts au café, habituellement classés sous la rubrique mocha, et aussi dans la crème glacée du même nom.
Le café peut être préparé de plusieurs façons : à la turque en moulant très fin le café qu'on recouvre d'eau bouillante au fond d'une toute petite tasse ; expresso, dans une machine pression ; à l'italienne avec une cafetière sur le poêle ; filtre, dans un percolateur ; bodum, dans une bodum ; il y a sûrement d'autres moyens de par le monde et il n'en tient qu'à mes auditeurs d'intervenir pour me les faire connaître. Plus le café infuse longtemps, plus il est fort en caféine. La caféine est la substance active du café, un alcaloïde qui rend plus alerte ou plus fou, c'est selon les prédispositions du buveur. Plus le café est pâle, moins il est cuit (torréfié) et donc il est plus fort en caféine. Donc plus vous achetez un café qui goûte rien, plus vous allez ressentir les effets enivrants de la caféine.
J'aime le café. Le café est bon pour moi. J'en bois de une à trois tasse en moyenne par jour et cela me procure un bien être difficile à décrire pour les gens qui n'ont jamais connu ou encore ceux qui développent des troubles à tendance psychotique avec le café. Tout d'abord, il y a le goût, amer et dense, que ma bouche et mon cerveau reconnaissent aussitôt et accueillent à papilles ouvertes. Je sirote les premières gorgées, trop chaudes, puis lorsque le tout atteint une température optimale, je m'enfile mon café à grandes lampées. Je sens l'éveil dans mes yeux, mes mains, mes jambes, mais c'est surtout mon esprit qui devient un tantinet plus affilé. D'ailleurs, je bois mon café en écrivant et plus le temps avance, plus je tape vite sur les touches de mon clavier, avec précision de surcroît.
Lorsque j'ai le caprice de me faire un deuxième café, il me faut à tout prix faire quelque chose. Si je ne fais pas quelque chose, je me mets doucement à trembloter et si quelqu'un a le malheur de m'appeller à ce moment-là, eh bien, gare à ses oreilles, je parle et je parle. C'est évidemment pire si j'en bois un troisième. Là je ne tiens plus en place et il se peut aussi que les effets secondaires désagréables de la caféine me minent peu à peu : mal d'estomac, chiasse, sensation d'avoir vraiment trop d'énergie dans le contexte, virage en rond et après quelques heures, fatigue lourde et humide, tropicale, comme si le café voulait me rappeller ses origines, me tranformer en caféier, me retourner à l'esclavage et au commerce non équitable. Alors je me dis : "Je crois que j'ai trop bu de café" et je ne peux rien faire sinon trembler, parler et uriner tout à la fois.
Mais je ne peux lui en vouloir longtemps et le lendemain, mon nez réclame à grands sniffs ses effluves capiteuses, ma langue n'aura de repos tant qu'elle n'aura accueilli sa première goutte de café.
Quel beau breuvage que le café. Vraiment.

jeudi, septembre 14, 2006

Tu es poussière et tu retourneras à la poussière...



Cette phrase semble s'adresser davantage aux hommes qu'aux femmes, car les femmes devraient plutôt redevenir côtelette, en raison de leur origine génésiaque. Donc, choisissez votre assaisonnement mesdames : au miel, au gingembre, poêlée, au four ou shake and bake ? C'est un pensez-y bien.
Dire que les femmes auraient pu descendre de Lilith plutôt que d'Ève si l'homme et la femme avaient su mettre de côté leur orgueil respectif... Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, voici ce que votre dévoué chat en sait :
Voilà. Dieu avait créé au départ un homme et une femme de la même terre, à savoir notre célèbre sex symbol Adam et Lilith, une bonne femme sympathique aux attributs intéressant. En effet, celle-ci avait été créée à l'égal d'Adam et ne ressemblait donc pas à la nymphette naïve venue au monde postérieurement, une criée Ève, comme disent les créoles. Le problème avec l'égalité de la femme Lilith, c'est qu'elle ne voulait pas être placée dessous lors des ébats sexuels afin de n'être pas soumise au mâle. Pour Adam, évidemment, il était inacceptable de se laisser chevaucher par une femelle (pourtant, il y aurait sûrement pris goût). Lilith, frustrée de n'être point convenablement baisée, s'en fut de l'Éden vers la mer rouge où elle trouva contentement avec Lucifer et d'autres démons. Dieu, fâché de ce revirement de situation, enferma la déserteuse au fond de la mer et la condamna à donner naissance à des enfants et à en manger la majeure partie. C'est là qu'elle fonda le club des succubes, jolies démones qui hantent vos rêves humides, Messieurs.
La suite, on la connaît : Ève fut créée, mais elle aussi décida que le paradis n'était pas ce qui lui fallait et mangea le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Adamen croqua aussi et comme un lâche mit toute la faute sur Ève. "Toi et tes descendantes seront condamnées à enfanter dans la douleur et à obéir à leur mari, aussi stupide puisse-ti-il être", proféra Dieu, rouge de mécontentement. "Pis toé, Adam, tu vas être obligé de rusher comme un bon pour cultiver une terre aride et chiche. Fini l'abondance"
Si vous voulez la suite, lisez l'Ancien Testament...
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Parlant de retour à la poussière, saviez-vous qu'il est possible de composter à Québec ? En effet, les résidents de Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou peuvent s'inscrire et rapporter leurs matières végétales (non, pas votre cerveau...) à des compostières situées près de chez vous. Voilà le e-mail de Éco-Quartier, l'organisme qui s'en occupe, pour ceux que ça intéresse : ecoquartier2002@yahoo.ca
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Suggestion musicale du jour : CocoRosie, album Noah's Ark. Une dream pop sublime qui vous plonge dans ces atmosphères aigres-douces si appréciées par ceux qui aiment sourire et être tristes à la fois. Deux voix de filles énigmatiques et des samplings d'animaux, une poésie des petites fins du monde. Pour un extrait, allez sur www.cocorosieland.com .
Do svidania, doroguie jivotnie druzia!

lundi, septembre 11, 2006

De l'existence de Dieu

Un chat de mon entourage m'a fait savoir qu'un professeur de philosophie d'une université de Québec (devinez laquelle) avait réussi à prouver, ni plus ni moins, l'existence de Dieu. Alors maintenant que vous le savez, relâchez votre angoisse, agenouillez-vous et priez.
Pour ma part, voulant pousser l'investigation plus loin, j'ai découvert en plaçant une liste de mots en anglais devant un miroir (parce que God is an american comme le dit la chanson et les gens de la télévision qui, comme les profs de philo, ont toujours raison) et devant le mot dog, j'ai enfin eu la révélation suivante : Dieu est un chien. Et vlan.
J'attends maintenant que la faculté de philo m'offre une chaire de recherche. Toute autre reluisante proposition sera examinée avec attention.

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Suggestion musicale du jour : Le sacre du tympan, album le Retour.
Du jazz fou et inventif. Les amateurs de Zorn et de Patton y trouveront de quoi se réjouir. Les autres aussi, sans doute.

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C'est beau, la danse. Tous ces bras, toutes ces jambes, ces membres animés et gorgés d'émotion... Prenez avec moi la résolution d'y aller plus souvent. Allez, be concerned : adoptez un danseur contemporain !

samedi, septembre 09, 2006

La pluie est un mal nécessaire


Voilà que je viens de trouver un nouveau moyen de procrastiner : un blog. Moi qui m'étais promis de ne jamais étendre mes tripes en public, encore moins sur le net... Je vous prends à témoin, la décadence humaine peut arriver à n'importe qui !
Au programme ce mois-ci : ??? Peut-être de fascinantes interventions, peut-être un néant d'insignifiance, qui sait ?
Je dois avant tout me présenter : je suis un chat affreux au poil rebelle, comme en témoigne la photo. J'ai un âge moyen, un caractère moyen, des idées moyennes, un logis moyen, un revenu moyen et je suis de sexe moyen. (Peut-être réussirai-je ainsi à chasser les lecteurs indésirables, avides de choses croustillantes et extravagantes : rien de cela ici) Je suis très occupé et c'est pourquoi je perds mon temps à écrire des infâmies, insulantes pour l'intelligence du chat moyen.
Miaou.